Avant de signer un compromis pour une maison ancienne, mieux vaut savoir quels documents exiger du vendeur : ce dossier conditionne le prix, les travaux à prévoir et parfois la faisabilité même du projet. Entre diagnostics techniques, titre de propriété, plans cadastraux et factures de travaux, la liste est longue, et certains oublis coûtent cher des mois après la signature. Avant de détailler chaque diagnostic, direction la checklist à imprimer du deuxième chapitre : elle reprend, catégorie par catégorie, tout ce qu’un acheteur doit réclamer avant de signer.
Sommaire :
Le dossier de diagnostics techniques, le socle obligatoire
Le vendeur d’une maison ancienne doit réunir un dossier de diagnostics techniques (DDT) annexé au compromis. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) concerne tous les logements et reste valable dix ans. Le diagnostic amiante s’impose dès que le permis de construire date d’avant juillet 1997, le diagnostic plomb pour les constructions antérieures à 1949. Électricité et gaz entrent dans le dossier dès que l’installation dépasse quinze ans, avec une validité de trois ans chacun. L’état des risques et pollutions (ERP) et le diagnostic termites, eux, ne valent que six mois : un compromis signé trop tard après leur édition oblige à les refaire. Depuis janvier 2025, un audit énergétique s’ajoute au DPE pour les maisons individuelles vendues en monopropriété classées E, F ou G. Le budget total de ce dossier varie selon l’ancienneté du bien : le coût de chaque diagnostic permet d’anticiper cette ligne de dépense avant de signer.
La checklist à imprimer : tous les documents à réclamer avant de signer
Voici, catégorie par catégorie, la liste des documents à demander au vendeur ou à l’agence avant de s’engager. Cochez chaque case au fur et à mesure de leur réception.
Diagnostics techniques
- DPE (validité 10 ans)
- Amiante (si permis de construire antérieur à juillet 1997)
- Plomb (si construction antérieure à 1949)
- Électricité et gaz (installation de plus de 15 ans)
- État des risques et pollutions (ERP, validité 6 mois)
- Termites (validité 6 mois, zones concernées)
- Audit énergétique (si classe E, F ou G en monopropriété)
Propriété et urbanisme
- Titre de propriété du vendeur
- Plan et extrait de matrice cadastrale
- Certificat d’urbanisme (règles PLU applicables)
- Servitudes déclarées (passage, mitoyenneté, vue)
Travaux et conformité
- Factures des travaux réalisés
- Attestations d’assurance décennale
- Déclarations préalables et permis de construire
- Procès-verbal de réception des travaux
Fiscalité et charges
- Dernier avis de taxe foncière
- Contrôle d’assainissement non collectif (si applicable)
- Relevé de charges (si parties communes, lotissement)
Titre de propriété, cadastre et urbanisme : ce que ces documents révèlent
Le titre de propriété prouve que le vendeur détient bien le bien et précise les servitudes éventuelles : passage, vue, mitoyenneté. Le plan et l’extrait de matrice cadastrale situent précisément la parcelle et ses limites, un point utile avant tout projet d’extension. Un certificat d’urbanisme, demandé en mairie, indique les règles du plan local d’urbanisme (PLU) applicables à la parcelle : hauteur autorisée, zone constructible, servitudes d’utilité publique. Sur une maison ancienne, ce document révèle aussi si le bien se situe dans un périmètre de monument historique ou une zone protégée, ce qui conditionne toute future demande de travaux.
Travaux, factures et conformité à vérifier
Chaque rénovation menée par le précédent propriétaire doit être justifiée par une facture, une attestation d’assurance décennale et, selon l’ampleur des travaux, un procès-verbal de réception ou une déclaration préalable. Sans ces pièces, impossible de vérifier qu’une extension, un changement de toiture ou une réfection électrique a été réalisé dans les règles : en cas de sinistre, l’assurance peut refuser de couvrir des travaux non déclarés. Pour un chantier de rénovation d’ampleur, l’œil d’un architecte spécialisé en bâti ancien aide à faire le tri entre ce qui relève d’un simple rafraîchissement et ce qui nécessite un dépôt de permis.
Assainissement et fiscalité : les documents qu’on oublie souvent
Si la maison n’est pas raccordée au tout-à-l’égout, le contrôle d’assainissement non collectif réalisé par le SPANC doit dater de moins de trois ans et attester la conformité de la fosse. Le dernier avis de taxe foncière donne une idée fiable du montant à prévoir chaque année, tandis qu’un relevé de charges (si le bien dépend d’un lotissement avec parties communes) évite les mauvaises surprises après la signature. Ces documents, moins spectaculaires que les diagnostics, pèsent pourtant tout autant dans la décision finale.









